Docteur Pierre Dekeuwer
La compression du nerf ulnaire au coude

Qu’est ce que la compression du nerf ulnaire au coude ?

La compression du nerf ulnaire au coude correspond à l’irritation ou à l’écrasement du nerf dans sa gouttière et zone de passage derrière le coude. Elle provoque des fourmillements dans l’auriculaire, parfois une douleur du coude et souvent une perte de force de la main. L’opération est envisagée lorsque la gêne dure, s’aggrave, ou lors qu'apparaissent des signes de souffrance du nerf (faiblesse et/ou fonte musculaire). Une évaluation chirurgicale spécialisée peut être réalisée à Hyères et Toulon dans le Var par le Dr DEKEUWER.

Causes et facteurs favorisants :

Les facteurs fréquents :

  • Appui prolongé sur le coude, flexion répétée (téléphone, bureau, conduite)
  • Activités sportives ou professionnelles sollicitant le coude
  • Instabilité du nerf qui peut “sauter” à la flexion du coude chez certaines personnes
  • Arthrose, séquelles de fracture de l’enfance, épaississement des tissus autour du nerf
  • Diabète et autres terrains favorisant les neuropathies

Il peut aussi s’agir d’une combinaison de microtraumatismes et de contraintes mécaniques.

Symptômes et quand consulter :

Symptômes typiques :

  • Fourmillements et engourdissements de l’auriculaire
  • Gêne accentuée la nuit ou lors de la flexion prolongée du coude
  • Douleur interne du coude, parfois irradiant vers l’avant-bras et la main

Signes d’alerte :

  • Perte de force (difficultés à écarter ou rapprocher les doigts,à serrer)
  • Maladresse et difficulté avec les gestes fins
  • Fonte des muscles interosseux entre les métacarpiens (creusement du dos de la main)
  • Déformation en progressive en griffe des doigts

Ces signes nécessitent un avis chirurgical rapide.

Comment pose-t-on le diagnostic ?

L’examen clinique recherche les symptômes et leur reproduction, évalue la sensibilité, la force et recherche une éventuelle instabilité associée du nerf.

Un électromyogramme (EMG) aide à confirmer la compression, à en préciser le niveau et la sévérité.

Selon les cas, une échographie peut visualiser un épaississement, un kyste, ou une anomalie dynamique du nerf.

Les traitements non chirurgicaux :

En première intention, selon le contexte :

  • Éviter l’appui sur le coude et ajuster les postures
  • Attelle nocturne limitant la flexion du coude
  • Ergonomie au travail avec des pauses régulières
  • Traitement médicamenteux anti inflammatoire et antalgique voire une infiltration

Ces mesures peuvent suffire si l’atteinte est légère, récente et sans signe de gravité.

Quand envisager l’opération ?

La chirurgie est envisagée si :

  • Les symptômes persistent malgré un traitement conservateur bien suivi
  • L’EMG confirme une atteinte significative
  • Une faiblesse ou perte de force apparaît ou s’aggrave
  • Des signes de dénervation ou de fonte musculaire sont présents

Le but est de décomprimer le nerf et d’améliorer ses conditions de glissement.

Comment se déroule l’intervention ?

Plusieurs techniques existent, choisies selon l’anatomie et la situation par le chirurgien :

  • Décompression (libération des structures compressives qui étrangle le nerf)
  • Rarement la transposition du nerf (qui consiste à le déplacer en avant) en cas d’instabilité ou de contraintes particulières

L’intervention est réalisée en ambulatoire, sous anesthésie loco-régionale ou générale selon les cas. L’objectif est de soulager la compression sans fragiliser la stabilité du coude.

Suites opératoires, convalescence, reprise des activités après la chirurgie :

Les suites varient avec la technique :

  • Pansement et soins de cicatrice simples
  • Mobilisation immédiate du coude
  • Reprise progressiv des activités, selon douleur et type de travail

Les fourmillements peuvent diminuer rapidement, mais la récupération de la force prend plus de temps, parfois plus de 6 mois, surtout si le nerf souffrait depuis longtemps.

Risques et complications possibles de la chirurgie :

  • Hématome (rare)
  • infection (rare)
  • Raideur, douleur cicatricielle
  • Persistance de troubles sensitifs ou moteurs si atteinte ancienne
  • Irritation du nerf avec sensibilité à la zone opérée
  • Perte de sensibilité autour le cicatrice 
  • Instabilité du nerf
  • Récidive ou résultat incomplet

Votre chirurgien vous détaillera les risques inhérents à votre cas.

Résultats attendus de la chirurgie :

Disparition des fourmillements avec souvent une récupération longue et parfois incomplète des déficits sensitifs et moteurs. La récupération dépend de l’ancienneté des symptômes et de l’état du nerf.

L’objectif prioritaire est d’éviter l’aggravation et de restaurer la fonction au mieux.

Questions fréquentes (FAQ) :

Pourquoi j’ai des fourmis surtout dans l’auriculaire ? Parce que le nerf ulnaire innerve principalement l’auriculaire et une partie de l’annulaire.

La douleur au coude est-elle obligatoire ? Non. Souvent les patients n’ont que des engourdissements et des fourmis

L’EMG peut-il être normal ? Parfois au début. L’examen clinique et l’évolution comptent dans ce cas.

Une attelle nocturne est-elle vraiment utile ? Souvent, limiter la flexion prolongée du coude réduit souvent les symptômes nocturnes.

Quand faut-il opérer ? Rapidement, s’il existe une faiblesse, une fonte musculaire, ou une atteinte confirmée et persistante malgré le traitement médical.

La transposition du nerf est-elle systématique ? Non, elle dépend notamment de la stabilité du nerf et du contexte.

Combien de temps pour récupérer de la force après la chirurgie ? La récupération est progressive et peut prendre plusieurs mois selon la sévérité.

Puis-je reprendre le sport rapidement ? Oui en général mais cela dépend du sport et de la technique opératoire. La reprise se fait progressivement.

Les symptômes peuvent-ils revenir après chirurgie ? Oui rarement, si les facteurs favorisants persistent.

Conclusion

La compression du nerf ulnaire au coude peut provoquer fourmillements, douleur et perte de force de la main. Un traitement conservateur est souvent proposé au début, mais une chirurgie peut être rapidement nécessaire en cas d’aggravation, d’atteinte persistante ou de déficit. Ces informations ne remplacent pas une consultation. En cas de doute, demandez un avis chirurgical.

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