Dr Pierre Dekeuwer
La rupture des tendons de la coiffe des rotateurs

Qu’est-ce qu’une rupture de la coiffe des rotateurs ?

La coiffe des rotateurs regroupe plusieurs tendons qui stabilisent l’épaule et permettent de lever et de tourner le bras. Une rupture correspond à une déchirure partielle ou complète de l’un de ces tendons, le plus souvent le tendon supra-épineux. Elle peut provoquer douleur, perte de force et limitation des mouvements. L’opération est envisagée lorsque la douleur et la perte de fonction persistent malgré un traitement médical bien conduit, ou lorsque la rupture est jugée d’emblée susceptible d’évoluer défavorablement. Une consultation spécialisée peut être réalisée à Hyères et Toulon dans le Var par le Dr DEKEUWER.

Mécanismes et facteurs favorisants :

Deux mécanismes :

  • Dégénératif : usure progressive du tendon avec le temps, parfois révélée après un effort banal

  • Traumatique : chute, faux mouvement, effort brusque, surtout si douleur immédiate avec perte de force

Facteurs favorisants : activités répétées au-dessus de l’épaule, tabac, diabète, tendons fragilisés, anomalies de l’acromion, antécédents de tendinopathie.

Quels sont les symptômes et quand consulter ?

Signes fréquents :

  • Douleur de l’épaule, souvent nocturne
  • Difficulté à lever le bras, à se coiffer, à s’habiller
  • Perte de force, bras “lourd”
  • Douleur lors des gestes au-dessus de la tête

Signes d’alerte :

  • Perte brutale de force après un traumatisme
  • Incapacité à lever le bras (pseudo-paralysie)
  • Douleur nocturne intense persistante
  • Gêne majeure malgré repos et traitement médical bien conduit

Comment pose-t-on le diagnostic ?

Le diagnostic associe l’examen clinique (douleur, amplitudes articulaires, tests de force ou contrariés) et l’imagerie. Les radiographies évaluent l’os et l’espace sous-acromial. L’échographie et surtout l’IRM précisent la taille de la rupture, la qualité du tendon et des muscles, et orientent la stratégie (conservatrice ou chirurgicale).

Les traitements non chirurgicaux :

Souvent proposés en première intention, surtout si la rupture est partielle ou si la fonction de l’épaule reste correcte :

  • Rééducation spécifique (renforcement musculaire, contrôle de l’omoplate)
  • Antalgiques/anti-inflammatoires (sur prescription médical)
  • Infiltration sous-acromiale 
  • Adaptation des gestes et reprise progressive des efforts

 Le but est de réduire la douleur et d’améliorer la fonction, sans réparation du tendon.

Quand envisager l’opération ?

La chirurgie peut être discutée si :

  • Douleur persistante et invalidante malgré un traitement conservateur bien conduit
  • Perte de force significative et limitation fonctionnelle
  • Rupture traumatique chez un patient actif
  • Rupture susceptible de s’étendre ou de devenir irréparable

La décision chirurgicale dépend de l’âge, des objectifs, de la qualité tendineuse, de la trophicité musculaire (involution graisseuse sur l’IRM) et du délai d’évolution.

Comment se déroule l’intervention ?

La réparation se fait le plus souvent par arthroscopie : de petites incisions permettent de visualiser l’épaule et de re-fixer le tendon à l’os à l’aide d’ancrages. Des gestes associés peuvent être réalisés si nécessaire (ténotomie ou ténodèse du biceps, acromioplastie). L’intervention est réalisée à la carte en fonction de la rupture et de l’état des tissus.

Suites opératoires, convalescence, reprise des activités après chirurgie :

Les suites comprennent généralement :

  • Immobilisation sur une attelle avec coussin pendant 4 à 6 semaines
  • Rééducation progressive, d’abord passive puis active aidée
  • Reprise progressive des gestes du quotidien, puis des efforts

Le tendon a besoin de temps pour cicatriser. La patience et la rééducation jouent un rôle majeur dans le résultat.

Risques et complications possibles après chirurgie :

  • Raideur temporaire mais pouvant persister plusieurs mois (fréquent)
  • Douleur prolongée (fréquent)
  • Infection (rare)
  • Hématome (rare)
  • Rupture secondaire ou cicatrisation insuffisante, surtout si tendon fragilisé et de mauvais qualité
  • Lésion nerveuse ou vasculaire (rare)
  • Algoneurodystrophie (rare)

Ces risques sont discutés avec le chirurgien en fonction de la taille de la rupture et du terrain.

Résultats attendus après chirurgie :

La diminution de la douleur, une amélioration de la force et de la fonction sont attendues. La récupération dépend de la taille de la rupture, de la qualité tendineuse et musculaire, du délai d’évolution, et de la rééducation. Un résultat utile et durable est recherché, sans promettre un retour identique à l’épaule d’origine dans tous les cas.

Questions fréquentes (FAQ) :

Une rupture de coiffe guérit-elle toute seule ? Non, le tendon ne “se recolle” pas spontanément, mais les symptômes peuvent s’améliorer avec rééducation car d’autres tendons prennent le relais et certaines lésions tendineuses partielles cicatrisent.

Pourquoi j’ai mal la nuit ? La position et l’inflammation sous l’acromion accentuent souvent la douleur nocturne.

L’IRM est-elle indispensable ? Oui, elle est très utile pour caractériser la rupture et guider la décision thérapeutique.

Quand opérer après un traumatisme ? En cas de déficit actif important, un avis chirurgical rapide est recommandé pour ne pas retarder une éventuelle réparation.

La rééducation suffit-elle ? Parfois pour certaines ruptures, surtout si la fonction reste correcte.

Combien de temps dure la récupération après chirurgie ? La récupération est progressive, sur plusieurs mois et dépend du tendon et de la rééducation.

Peut-on reprendre le sport ? Oui, généralement et de façon progressive, selon le sport.

Le tendon peut-il se rompre à nouveau ? Oui, surtout si la qualité tendineuse est faible ou si les efforts sont repris trop précocement.

Conclusion

La rupture de la coiffe des rotateurs peut provoquer douleur et perte de fonction de l’épaule. Le traitement est souvent conservateur en première intention, mais une réparation arthroscopique peut être proposée selon la rupture, la gêne et le profil du patient. Ces informations ne remplacent pas une consultation. En cas de doute, demandez un avis chirurgical.

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